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CHAPITRE 16 - Genèse du Continuum La théorie classique

Il existe de nombreuses théories sur la genèse du continuum, c'est le sujet d’incessants débats au sein des spécialistes de la Guilde (les «Norjans») dont on peut avoir un aperçu en consultant "La bibliothèque des Norjans (V6)". Voici la théorie dite "Classique", la plus en vogue actuellement.

16.1 Le début

La théorie classique répons assez bien a la question "comment" ? mais ignore le "pourquoi ?"
Et c'est peut-être pour cela qu'elle est toujours d’actualité.

16.1.1 Bang

On est au moins sûr d'une chose: tout a commencé dans une seule et même gigantesque explosion. Ce qu'il y avait avant, objet d'infinies spéculations mystico-religieuses, est vraisemblablement fermé à jamais pour la science galactique. Or donc, il y eut un début. Et ce début était une seule et même mystérieuse force appelée le Grand Tout. La température y était si phénoménale que les chiffres que nous pourrions citer seraient sans signification. Le Grand Tout dura 10-44 secondes..

16.1.2 Le Grand Unifié

Puis, l'univers se développant, le Grand Tout se sépara en deux forces. L'une nous est bien connue: il s'agit de la gra­vitation. L’autre eut droit à une existence bien plus longue que le Grand Tout : le Grand Unifié (GU) dura 10-33secon­des. Mais cette séparation eut un autre effet, et de taille. L'univers aussi se sépara, ou plutôt, à partir de ce moment, deux univers commencèrent à cohabiter sur deux plans d'existence presque parallèles. Les scientifiques d'aujourd'hui appellent ces univers GU1 et GU2.

16.1.3 Quatre univers

Presque au même moment, comme ils se refroidissaient, ces deux univers perdirent leur Grand Unifié, qui se sépara en une force nucléaire forte et une force électrofaible (EF). Cette phase dura 1/10000000ede seconde. Elle s'accom­pagna de deux événements d'importance:

  • GU1 donna naissance à EF1 et EF2, tandis que GU2 met­tait au monde EF3 et EF4. Ces quatre univers n'étaient déjà plus tout à fait semblables.
  • Des fragments d'univers refusèrent la séparation. Ils exis­tent toujours aujourd'hui sous forme de cordes d'un dia­mètre de 10-33. L'influence de ces cordes sur notre vie de tous les jours sera décrite plus loin.

 

16.1.4 Les quatre forces

Dernière étape, la force électrofaible de chaque univers éclata à son tour en une force nucléaire faible et une force électromagnétique. Les quatre univers avaient maintenant leurs quatre forces (QF) définitives (force nucléaire forte, force nucléaire faible, force électromagnétique, gravita­tion). Ils fêtèrent cela en donnant naissance chacun à deux autres univers baptisés QF1 à QF8.

16.1.5 Interlude

Il n'y eut plus de scission pendant cinq milliards d'années, à la fin desquelles apparurent les premières créatures intelligentes des univers, ou plutôt d'entre les univers: les Guetteurs.
Aussi appelés les longs errants, les Guetteurs ressemblent à d'immenses baleines pourvues d'ailes membraneuses. Ils hantent les univers, le Triche-Lumière, et surtout cette zone mal connue qui sépare les univers. Il est curieux de remarquer que l'apparition de ces créatures coïncide avec celle des premières étoiles dans QF1.

16.1.6 Les scissions anarchiques

Nous ignorons pourquoi les scissions d'univers ont repris, mais nos statisticiens ont fait une curieuse découverte. Il semble exister un curieux rapport entre la vie et ces scis­sions. En effet, l'analyse d'une étude des Megas sur les formes de vie existant sur certaines planètes tests d'univers presque jumeaux semble montrer la chose suivante: l'accession d'une forme de vie à une certaine complexité (multicellularité, apparition de plusieurs espèces, etc.) semble correspondre à une scission de cet univers. Il en va de même d'importants bouleversements géologiques.
Mais quel phénomène est la cause, et lequel est la consé­quence ? Un début de démonstration scientifique dans les règles mobiliserait cent millions de Megas pendant cent ans, ce qui n'est pas près d'être possible.

16.1.7 Les brèches

À l'inverse, la disparition soudaine et massive de la vie dans un univers donné, ainsi que des phénomènes géolo­giques moins importants (à l'échelle planétaire, s'entend) génèrent parfois des brèches où deux univers peuvent se toucher ou s'interpénétrer. Ces cas sont heureusement rares, car le passage d'êtres d'un univers à l'autre pose sou­vent des problèmes de deux types. D'une part, les trans­fuges disposent parfois de pouvoirs spéciaux, qu'ils ne contrôlent pas forcément, et qui les ren­dent potentiellement dangereux pour les indigènes. D'autre part, un transfert de créatures en très grand nombre peut entraîner de véritables distorsions et phénomènes divers, sur place et dans l'intercontinuum.

16.2 Des étiquettes sur les univers

16.2.1 Des noms

On appelle l'ensemble des univers existants, connus ou inconnus, les sous-univers: le continuum.
Par opposition, les inter-univers tels que celui où règnent les guetteurs, celui où passent les Megas qui transitent ou bien la dimension particulière où évoluent les vais­seaux supralumineux, sont nommés l'intercontinuum.
Les univers sont nommés d'après l'univers «QF» qui les a engendrés, suivis d'un numéro d'ordre, celui de leur découverte. L'univers des Megas (qui est aussi le nôtre) est issu de QF1 et porte le numéro 000001.

16.2.2 Le cône

Imaginez le continuum comme un cône dans lequel évo­luent les univers issus de QF1 à QF8.
La pointe du cône est l'Origine (le Grand Unifié). Son axe est celui du temps qui passe.
Il n'a pas de base, mais si on découpe une rondelle de cône, et que l'on partage cette rondelle en une infinité de parts, les lois physiques, chimiques, magiques, reli­gieuses, etc., seront très légèrement différentes entre une part et sa voisine.

16.2.3 L'axe du temps

C'est sur cet axe que le temps s'écoule le plus vite. Une unité de mesure a été créée pour mesurer cette vitesse: le tempo. Sur l'axe du continuum, le tempo possède sa valeur maximale: 1. L'univers le plus « rapide» connu est QF1-000001: l'univers de la Terre qui est aussi celui où siège l'Assemblée galactique, comme on le verra plus loin. Le plus lent connu est QF3-000017. Son tempo pla­fonne à 0,22. En règle générale, plus la trajectoire d'un uni­vers est parallèle à l'axe du cône, plus la vitesse d'écou­lement y est proche du maximum 1.

16.2.4 Tranches de lois

Reprenons notre tranche de cône, et divisons-la de nou­veau en parts, comme un camembert. Dans certaines parts, la magie existe, dans d'autres, la science a force de loi, dans d'autres, les deux forces coexistent plus ou moins bien, dans d'autres, le voyage supralumineux est impos­sible, dans d'autres, il est banal... Ces propriétés dépen­dent de la densité de l'univers en question, et de sa cohéren­ce, deux notions développées plus loin. Plus de la moitié du camembert nous est inaccessible, parce que si nous nous y rendions, nos corps ne pourraient tout simplement plus fonctionner (sang incapable de fixer l'oxygène, plus de fonctions électriques, donc plus d'influx nerveux, etc.). D'autres parts contiennent des choses si incompréhen­sibles qu'elles nous rendraient fous...

16.2.5 Des univers variés et baladeurs

Imaginons que les univers suivent un chemin qui résume les lois qui les régissent : physiques, magiques, tempo­relles, etc. Les huit univers «QF» firent d'abord route à peu près parallèlement. Puis les scissions reprirent, et à chacune de ces scissions les deux bulles d'univers chan­gèrent de direction, mais toujours en descendant le cours du temps. Ces trajectoires ont une importance capitale. Une bulle d'univers scientifique peut se mettre à dériver vers la partie magique, avec pour conséquence une pro­fonde mutation de la société: apparition de magiciens, abandon de fabuleuses cités technologiques autour des­quelles se tissent bientôt de merveilleuses légendes. D'autres univers se mettent à dériver vers la partie inac­cessible du camembert, et disparaissent de notre enten­dement. Enfin, certains autres viennent de ces zones interdites, et ce que l'on y trouve a parfois de quoi ébranler les esprits les plus solides.

16.2.6 Des univers habités

Tous les univers explorés par les Megas (ce qui ne fait tout de même que quelques milliers) se sont révélés porteurs d'au moins une forme de vie évoluée. L'état d'avancement technologique d'un univers dépend de deux facteurs:

  • son tempo,
  • son état d'avancement au moment de sa dernière sépa­ration.

Prenons des exemples.

  • Exemple 1: QF1-1158 est un univers séparé de QF1-0001 à l'époque de la naissance du Christ. Le tempo du premier est passé à 0,35: à l'heure actuelle, les druides viennent d'y convertir les derniers chrétiens sous l'œil amusé d'un certain Merlin. Un Mega vient de passer un an là-bas. Durant son absence, deux ans et six mois se sont écoulés en QF1-000001.
  • Exemple 2: QF1-0239 et QF1-0001 se sont séparés en quelque 6000 av. J.-C.. Le tempo du premier est de 0,85. Les habitants de la Terre locale n'y ont jamais connu le christianisme, et apportent un démenti flagrant à l'asser­tion selon laquelle une religion monothéiste est indis­pensable à l'épanouissement d'une civilisation.
  • Exemple 3: QF1-0693 est l'univers le moins avancé tech­nologiquement connu à ce jour. Sa séparation d'avec le nôtre date de 10000 av. J.-C.. Son tempo de 0,51 le rend plus rapide que celui de l'univers de Merlin (voir exemple 1), mais il a tant de retard que son calendrier local marque 2965 ans av. J.-C.. Il convient de noter qu'une autre civilisa­tion de cet univers est sur le point d'inventer le voyage interstellaire infralumineux, faisant ainsi preuve d'une précocité remarquable. Dans notre univers, cette civilisa­tion semble végéter.

 

16.2.7 Combien d'univers ?

A l'heure actuelle, le nombre d'univers recensés est le suivant:
Type Nombre
QF1     2387
QF2     0009
QF3     0026
QF4     0001
QF5     0005
QF6     0013
QF7     0092
QF8     0000
Soit un total de 2533 univers.
On notera que le champ de connaissance des Megas ne s'éloigne guère des univers de type QF1, et ce parce qu'ils sont généralement plus accessibles. L'existence des QF8 est mathématiquement prouvée, mais les Megas n'en ont exploré aucun. Le nombre total d'univers est inconnu. Sans doute est-il très grand, mais il n'est assurément pas infini.